Deuil : que faire quand la souffrance ne passe pas ?

Quand la perte bouleverse tout

Le deuil est une expérience universelle, mais chaque personne le vit de manière unique. Perdre un proche – parent, conjoint, enfant, ami ou même un animal – ébranle tout : le corps, les émotions, le quotidien. Beaucoup décrivent une fatigue intense, des insomnies, un vide intérieur, parfois des douleurs diffuses ou une perte totale d’appétit. Le système nerveux oscille entre sidération, agitation et effondrement, comme s’il n’arrivait plus à retrouver son équilibre.

Certaines personnes me disent : « Je ne me reconnais plus, je vis au ralenti ». D’autres ressentent au contraire une hyperactivité qui masque la douleur. Le deuil n’est jamais seulement une tristesse : c’est un bouleversement qui oblige à faire face à soi, à ses manques, à ses blessures anciennes.

Le deuil n’est pas seulement une tristesse liée à une perte. C’est une expérience profonde qui touche le corps, les émotions, le rythme intérieur et le sens même de la vie.

Qu’il s’agisse du deuil d’un proche, d’un parent, d’un conjoint, d’un enfant, ou parfois d’un deuil plus invisible (relation, avenir, santé, identité), la souffrance du deuil peut envahir tout l’espace. Certaines personnes décrivent un effondrement brutal, d’autres une douleur sourde et persistante, comme un poids qui ne se soulève jamais vraiment.

Beaucoup se demandent alors :
combien de temps dure un deuil ?
est-ce normal de souffrir autant ?
comment traverser un deuil sans rester bloqué ?

Et surtout : pourquoi cette douleur est-elle si difficile à apaiser ?


Les étapes du deuil et les parts intérieures

Le deuil n’est pas linéaire. On parle souvent d’une “courbe du deuil” qui inclut plusieurs étapes, mais elles ne s’enchaînent pas forcément dans l’ordre et peuvent revenir plusieurs fois.

  • Le choc : sidération, impression que ce n’est pas réel. Ici, une part protectrice prend le dessus pour anesthésier la douleur.
  • Le déni : refus d’accepter la perte, espoir que “tout cela n’est qu’un mauvais rêve”. C’est une part qui s’accroche pour survivre.
  • La colère : contre soi, contre les autres, contre la vie. Une part protectrice exprime l’injustice pour tenter de reprendre du pouvoir.
  • La tristesse : effondrement, larmes, découragement. C’est la part la plus vulnérable qui se manifeste, celle qui ressent toute l’absence.
  • L’acceptation : la réalité commence à être intégrée. Une part plus sage ouvre la possibilité de continuer à vivre, tout en gardant le lien intérieur.
  • La reconstruction de sens : le lien avec l’être perdu ne disparaît pas, il se transforme en mémoire vivante, en héritage affectif qui accompagne la suite du chemin.

Chacune de ces étapes fait surgir des parts intérieures différentes. Les reconnaître et les accueillir, sans se juger, est essentiel pour traverser le deuil sans rester figé·e dans une seule émotion.

Ce que montrent les recherches en neuroscience sur le deuil
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Les neurosciences affectives montrent que le deuil active les mêmes réseaux cérébraux que la douleur physique et le stress aigu. Les circuits de l’attachement, de la sécurité et de la régulation émotionnelle sont brutalement désorganisés par la perte.
Le système nerveux peut alors rester bloqué dans des états d’alerte, de figement ou d’effondrement. C’est ce mécanisme qui explique les symptômes fréquents du deuil : fatigue extrême, troubles du sommeil, oppression dans la poitrine, gorge serrée, pensées répétitives, sentiment de vide ou de désorientation.
Les recherches montrent également que le temps, à lui seul, ne suffit pas toujours. La traversée du deuil dépend de la capacité du système nerveux à intégrer l’absence et à retrouver progressivement un sentiment de sécurité interne. Lorsque ce processus est bloqué, on parle parfois de deuil compliqué ou de deuil bloqué.

Une autre manière d’accompagner le deuil

Le deuil est un retour obligé vers soi. Quand l’autre n’est plus là, on se retrouve face à ce que l’on avait parfois évité : son propre monde intérieur. Si l’on s’était longtemps éloigné·e de soi en se réfugiant dans l’action ou dans les autres, ce face-à-face devient douloureux. C’est pourquoi l’écoute du corps est si essentielle. Le corps garde les traces de ce que l’on vit : poitrine oppressée, gorge serrée, ventre noué. Ces tensions ne sont pas des ennemies à combattre, mais des signaux qui demandent de la présence.

Dans mes accompagnements, je propose de ralentir, d’observer et d’apprendre à se relier à ces signaux. Plutôt que de chercher à “tenir”, il s’agit de se donner l’espace de ressentir. C’est dans cette écoute que le système nerveux trouve peu à peu des appuis pour se réguler, et que la douleur se transforme en chemin de conscience.


Des exercices pour traverser la douleur

  • Respiration consciente : asseyez-vous, sentez vos pieds au sol. Inspirez profondément comme pour remplir le ventre, puis expirez lentement en imaginant relâcher un poids. Trois cycles suffisent à apaiser le système nerveux.
  • Dialogue avec ses parts : prenez un carnet et écrivez la question : « Quelle part de moi souffre le plus aujourd’hui ? ». Laissez la réponse émerger sans la juger. Peut-être est-ce une part en colère, une part triste ou une part coupable. En l’écoutant, vous lui offrez déjà un espace.
  • Connexion aux tensions du corps : fermez les yeux, localisez la zone la plus tendue (poitrine, ventre, gorge). Plutôt que de vouloir la détendre, restez en présence et dites intérieurement : « Je t’entends, je suis là ». Cette reconnaissance change déjà la relation à la douleur.

Ces gestes ne font pas disparaître la perte. Mais ils permettent de traverser le deuil avec plus de conscience et de douceur, en reprenant contact avec soi au lieu de fuir ce qui est là.


Ce que vous pouvez retrouver

Surmonter un deuil ne signifie pas oublier, ni tourner la page comme si rien ne s’était passé. C’est apprendre à vivre autrement, en intégrant l’absence dans sa vie quotidienne. Au début, la douleur prend toute la place, mais peu à peu, des espaces de respiration réapparaissent. Certaines personnes me disent qu’elles recommencent à dormir plus profondément, qu’elles retrouvent l’énergie de se lever sans ce poids permanent, ou simplement qu’elles parviennent à traverser une journée sans être submergées de larmes.

Avec le temps, il devient possible de retrouver un équilibre : un sommeil plus apaisé, une énergie plus stable, une capacité à se relier aux autres sans culpabilité. Beaucoup découvrent aussi qu’elles peuvent continuer à honorer la personne disparue autrement : à travers un geste symbolique, un rituel, une photo regardée avec tendresse plutôt qu’avec douleur. Le lien ne s’efface pas, il se transforme.

Le manque ne disparaît pas, mais il cesse d’être une plaie ouverte. Il devient une mémoire vivante qui accompagne, soutient et parfois inspire. Certaines personnes découvrent même une force nouvelle : la capacité à poser leurs priorités, à s’autoriser à vivre différemment, à donner un sens plus profond à leur existence. Traverser un deuil, c’est aussi apprendre à accueillir la vulnérabilité, à s’ancrer davantage dans le présent et à ressentir plus pleinement la valeur de la vie.


Peut-être que tu te reconnais ici

  • Tu souffres encore intensément malgré le temps qui passe
  • Ton corps est épuisé, tendu ou douloureux
  • Tu as l’impression d’être bloqué dans le chagrin
  • Tu alternes entre moments de contrôle et effondrements
  • Tu te demandes si tu “devrais aller mieux”
  • Tu fais semblant d’aller bien pour les autres
  • Tu as peur d’oublier ou, au contraire, de ne jamais t’en sortir

Quand la souffrance du deuil s’installe durablement, il ne s’agit pas de forcer l’acceptation. Il s’agit d’aider le corps et le système nerveux à intégrer la perte, à leur rythme.

Si tu veux, tu peux voir comment j’accompagne les situations de deuil.

Ce que je te propose pour t’accompagner si tu vis un deuil

Je suis Caroline Gassy, thérapeute à Bordeaux. J’accompagne des adultes qui traversent un deuil, une perte ou une séparation, et qui sentent que la souffrance est trop lourde à porter seul.

Je propose une thérapie somatique à Bordeaux, adaptée aux situations de deuil, qu’il soit récent, ancien, visible ou invisible. Mon approche ne cherche pas à accélérer le processus ni à tourner la page, mais à soutenir le corps et le système nerveux là où la perte a désorganisé l’équilibre intérieur.

En séance, nous travaillons avec ce qui est là : les sensations corporelles, le manque, la douleur, les blocages, les mouvements internes de protection. Le travail se fait progressivement, sans forcer, dans un cadre sécurisé.

L’objectif est de permettre au système de retrouver une capacité à ressentir, à intégrer l’absence, et à continuer à vivre sans se couper de soi ni rester figé dans la souffrance.

Je vous accueille à Bordeaux Bastide dans un cadre calme et sécurisant.
J’accompagne aussi des personnes venant de Bouliac, Saint-Loubès, Cubzac-les-Ponts, Saint-Germain-du-Puch, Tabanac, Sadirac, Villegouge et des communes voisines.
Pour celles et ceux qui habitent plus loin, les séances sont possibles en visio.


Ce que les personnes observent avec le temps

Avec un accompagnement adapté au deuil, les personnes observent souvent :

  • une douleur moins envahissante
  • un corps moins tendu, moins épuisé
  • un sommeil plus stable
  • des émotions plus fluides
  • moins de culpabilité ou de figement
  • une capacité à continuer à vivre sans trahir le lien

Le lien ne disparaît pas. Il se transforme.


Deuil : quand se faire accompagner ?

Si tu te demandes que faire face au deuil, et que la souffrance reste intense, durable ou bloquée, se faire accompagner peut être une étape essentielle.

Demander de l’aide n’efface pas l’amour ni le lien.
Cela permet de ne pas rester seul avec une douleur qui dépasse parfois les ressources internes.



Séances individuelles – adultes
Bordeaux Rive Droite · Visio possible